MACH contre Open Source : qui possède réellement vos données ?
Le monde numérique est inondé de solutions SaaS qui promettent de vous faciliter la vie. Shopify, Salesforce, commercetools, toutes prétendent offrir rapidité, confort et évolutivité. Mais qu’advient-il de votre contrôle sur vos propres données ? Et qui décide en fin de compte des fonctionnalités que vous pouvez utiliser ? Ces questions sont rarement prises en compte, jusqu’à ce qu’un problème survienne. Et à ce moment-là ? Il est souvent trop tard et, surtout, la migration coûte trop cher.
MACH : flexible, mais dépendant
MACH signifie Microservices, API-first, Cloud-native et Headless. En théorie, cette approche offre une flexibilité maximale : vous sélectionnez les meilleures solutions pour chaque fonction et vous les connectez via des API. Cela semble parfait, n’est-ce pas ? Mais cette approche présente un inconvénient majeur : l’approche cloud-native implique souvent que vous soyez lié à un fournisseur SaaS spécifique. Vous souhaitez changer de fournisseur cloud ? Tant pis pour vous. Vous avez besoin d’une fonctionnalité qui ne fait pas partie de son écosystème ? C’est impossible. La conformité au RGPD ? Vous ne pouvez qu’espérer que votre fournisseur la gère correctement.
Un récent rapport de Gartner a révélé que 80 % des entreprises utilisant le SaaS craignent de se retrouver captives de leur fournisseur. Par ailleurs, Forrester a conclu que plus de 60 % des organisations ayant choisi le SaaS ont ensuite rencontré des limitations au niveau des fonctionnalités ou des intégrations. Cela montre que le confort du SaaS se fait souvent au détriment de la liberté de choix.
Les solutions SaaS comme Shopify vous limitent même à leur propre écosystème. Si ce n’est pas disponible dans leur app store, oubliez-le. Et si le fournisseur décide de supprimer une fonctionnalité ou une intégration ? Vous devrez vous en accommoder.
Open Source : vos données, vos règles
Une approche open source signifie que vous conservez le contrôle total de votre technologie et de vos données. Vous décidez où l’héberger, quel fournisseur cloud utiliser et avec quels partenaires travailler. Dans un monde où la souveraineté des données devient de plus en plus importante, notamment avec le RGPD, ce n’est pas un détail négligeable.
Une étude d’IDC a révélé que les entreprises optant pour un hébergement open source ont, en moyenne, des coûts à long terme inférieurs de 30 % à ceux des entreprises captives d’un modèle SaaS. Par ailleurs, les entreprises peuvent réagir plus rapidement aux nouvelles évolutions technologiques, puisqu’elles ne dépendent pas de la feuille de route d’un fournisseur.
Pourtant, de nombreuses entreprises choisissent aveuglément le SaaS sans tenir compte des conséquences à long terme.
- Hébergement ? « Tant que ça fonctionne. »
- Choix de la plateforme ? « Nous choisirons ce qui est populaire. »
Jusqu’à ce qu’un problème survienne.
Et croyez-nous : c’est à ce moment-là que le contrôle des données et l’hébergement deviennent soudainement essentiels. Mais il est alors trop tard : vous êtes bloqué. Vous devez migrer vos données, repenser toute votre architecture et souvent faire appel à des consultants coûteux pour vous libérer de la dépendance à votre fournisseur.
L’hébergement est un métier
L’informatique est un vaste domaine. Il y a les développeurs qui écrivent les logiciels et les spécialistes de l’infrastructure qui assurent le fonctionnement des systèmes. L’hébergement se situe précisément à l’intersection de ces disciplines et requiert une expertise spécialisée. Les équipes DevOps des entreprises spécialisées dans l’hébergement font le lien entre les logiciels et l’infrastructure, ce que de nombreux fournisseurs SaaS sous-estiment.
Prenons Odoo, par exemple. Ils ont conçu une excellente plateforme ERP, mais leur hébergement Odoo.sh laisse souvent à désirer. Pourquoi ? Parce qu’ils ne sont pas une entreprise d’hébergement. Ils connaissent parfaitement leurs logiciels, mais l’hébergement de niveau entreprise requiert un tout autre ensemble de compétences. Les entreprises qui essaient de tout gérer en interne se heurtent souvent aux limites de leur propre plateforme. Concentrez-vous sur ce que vous faites le mieux.
Le SaaS n’est pas toujours meilleur
De nombreuses entreprises partent du principe que les solutions SaaS sont moins chères et plus simples, mais cette vision manque de recul. Certes, vous avez généralement moins de préoccupations liées à la maintenance et aux mises à jour, mais vous sacrifiez le contrôle, la flexibilité et l’efficacité des coûts à long terme.
- Vous souhaitez créer une intégration IA personnalisée ?
- Vous souhaitez choisir où vos données sont stockées ?
Avec le SaaS, vous dépendez de ce que le fournisseur propose et des changements qu’il décide d’apporter.
Avec des plateformes open source comme Magento (Mage-OS), Shopware ou Drupal e-commerce, c’est vous qui fixez les règles. Vous choisissez votre partenaire cloud, vos paramètres de sécurité et l’emplacement de vos données. Cela peut demander davantage d’efforts au départ, mais vous évitez une migration coûteuse lorsque votre entreprise se développe et que votre solution SaaS ne répond plus à vos besoins.
Conclusion : choisissez judicieusement, pas par facilité
Si vous recherchez la rapidité et la simplicité à court terme, une solution SaaS peut sembler attrayante. Mais si vous souhaitez conserver à long terme le contrôle de vos données, de votre fournisseur cloud et de votre architecture, une approche open source est souvent le choix le plus judicieux. Car le SaaS n’est pas toujours meilleur, c’est simplement l’option la plus facile jusqu’à ce qu’un problème survienne.
Réfléchissez donc à deux fois avant de choisir.
Ou mieux encore : anticipez.